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En bref : • La garantie décennale s'applique aux éléments d'équipement ajoutés après construction s'ils rendent l'ouvrage impropre à sa destination, comme l'a confirmé la Cour de Cassation dans une décision du 26 octobre 2017. • Un incendie causé par une cheminée non conforme aux normes techniques a été reconnu comme relevant de la garantie décennale, même si la cheminée avait été installée après la construction initiale. • L'article L.243-1-1 II du Code des assurances protège les propriétaires lorsqu'un élément incorporé cause des dommages graves, indépendamment de son caractère dissociable ou non. • Les propriétaires doivent vérifier la validité de l'assurance décennale des entrepreneurs et conserver tous les documents liés aux travaux pour se protéger en cas de litige. |
Imaginez un peu : vous installez une jolie cheminée pour réchauffer vos soirées d’hiver, et bam ! Un incendie ravage votre maison. Situation cauchemardesque, mais saviez-vous que la garantie décennale pourrait venir à votre secours, même pour un simple élément ajouté après construction ? C’est ce qu’a confirmé la Cour de Cassation dans une décision qui fait jurisprudence. Mais quelles sont les règles exactes du jeu ?
Sommaire
L’affaire qui a mis le feu aux poudres
Figure-vous que tout est parti d’une histoire bien banale. Des propriétaires font installer une cheminée à foyer fermé par un artisan. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Mais voilà qu’un incendie se déclare et réduit leur maison en cendres. Aïe.
Partiellement indemnisés par leur assureur habitation, ils se retournent logiquement contre l’entrepreneur qui a installé la cheminée et son assureur responsabilité civile. La question qui brûle toutes les lèvres : la garantie décennale s’applique-t-elle pour un simple élément ajouté après la construction initiale ?
Le cœur du débat : équipement ajouté = garantie décennale ?
L’assureur de l’entrepreneur a tenté de jouer la carte de l’exception. Son argument ? En gros : « Une cheminée n’est qu’un élément d’équipement ajouté sur un bâtiment existant, donc pas de garantie décennale possible ». Un raisonnement qui semblait tenir la route.
Sauf que… la Cour de Cassation n’était pas du tout de cet avis. Le 26 octobre 2017, dans une décision qui va faire date (décision n°16-18.120), la troisième Chambre civile a tranché. Et les juges n’y sont pas allés par quatre chemins.
La décision qui change tout pour les propriétaires
La Haute Juridiction a été claire comme de l’eau de roche : même un élément d’équipement installé après coup peut relever de la garantie décennale s’il rend l’ouvrage impropre à sa destination. Et franchement, une maison réduite en cendres, on peut difficilement dire qu’elle reste propre à sa destination, vous ne trouvez pas ?
Dans ce cas précis, l’enquête avait démontré que l’incendie avait bien pris naissance dans la cheminée récemment installée. Et pour ne rien arranger, celle-ci n’était pas conforme aux règles du cahier des clauses techniques. Double faute pour l’artisan !
Ce que dit vraiment le Code des assurances
Pour les curieux d’entre vous, tout ça se base sur l’article L.243-1-1 II du Code des assurances. Celui-ci précise que les obligations d’assurance ne s’appliquent pas aux ouvrages existants avant l’ouverture du chantier, SAUF pour ceux qui « totalement incorporés dans l’ouvrage neuf, en deviennent techniquement indivisibles ».
| Situation | Application de la garantie décennale |
|---|---|
| Élément d’équipement rendant l’ouvrage impropre à sa destination | OUI |
| Simple défaut esthétique de l’équipement ajouté | NON |
| Élément totalement incorporé devenant techniquement indivisible | OUI |
| Non-respect des règles techniques lors de l’installation | OUI (circonstance aggravante) |
En clair, quand un élément d’équipement est installé et qu’il provoque un désordre rendant le bâtiment inhabitable, la garantie décennale s’applique. Qu’il soit dissociable ou non d’ailleurs, peu importe. Ce qui compte, c’est la conséquence sur l’usage du bâtiment.
Pour notre malheureux propriétaire, l’incendie étant la conséquence directe du défaut de conformité de la cheminée, l’entrepreneur et son assureur ont été condamnés à prendre en charge les dommages au titre de la garantie décennale. Une décision qui a renforcé la protection des consommateurs face aux malfaçons des professionnels.
Les leçons à tirer pour tous les propriétaires
Cette affaire nous rappelle quelques points essentiels. D’abord, quand vous faites installer n’importe quel équipement dans votre maison, vérifiez que l’entrepreneur dispose bien d’une assurance décennale valide. C’est obligatoire, mais certains tentent parfois de passer entre les mailles du filet.
Ensuite, conservez précieusement tous les documents liés aux travaux : devis, factures, notice technique, etc. Ces petits bouts de papier peuvent valoir de l’or en cas de litige.
Et puis, soyons honnêtes, même si cette décision est favorable aux propriétaires, mieux vaut ne jamais avoir à s’en servir. Alors avant de faire installer une cheminée ou tout autre équipement à risque, renseignez-vous sur les normes de sécurité en vigueur. La prévention reste toujours moins coûteuse qu’un procès, même gagné.
Conclusion : une jurisprudence qui réchauffe le cœur des propriétaires
Voilà une décision qui met un peu de baume au cœur des propriétaires. Elle confirme que la protection offerte par la garantie décennale va au-delà de la simple construction initiale. Vous avez acheté une maison et fait installer une véranda, une cheminée ou un système de chauffage des années plus tard ? Vous restez protégé contre les malfaçons graves. Alors, ça vous rassure un peu pour vos futurs travaux ?
Article mis à jour : jeudi 24 avril 2025 par Orville Adler

Je m’appelle Orville Adler, passionné de télétravail. J’ai toujours aimé travailler en liberté, mais ce qui m’a étonné, c’est comment une réunion en pyjama peut devenir le point de départ d’un projet fou. Le télétravail, c’est la créativité sans frontières.